Au-delà de la simple formalité administrative, la modernisation des documents d’identité au Niger s’impose comme une réforme économique stratégique. Avec un taux d’exécution de 85 %, le projet de production du passeport de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de la carte d’identité biométrique sécurisée marque la fin d’une époque de dépendance technique et financière.
L’un des points forts de cette réforme réside dans son modèle d’exécution.
En confiant le projet à la société nigérienne HASDI, en partenariat avec Al-iTissal Al-Jadid, les autorités opèrent un transfert de compétences crucial. L’objectif est d’assurer l’amélioration des services administratifs tout en gardant la valeur ajoutée au pays.
Le matériel, déjà installé, permettra de produire localement des documents conformes aux normes internationales (OACI). Cette autonomie réduit les frais d’intermédiation étrangère et garantit que les recettes issues de la délivrance de ces documents alimentent directement le Trésor public.
Pour les opérateurs économiques, le futur passeport AES n’est pas qu’un document de voyage ; c’est un outil de travail. En harmonisant les documents d’identification entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les autorités entendent fluidifier les échanges commerciaux et la mobilité des investisseurs au sein de l’espace sahélien.
Le Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur, le Général Ayouba Abdourahmane, a confirmé que toutes les dispositions sont prises pour que ces outils soient disponibles « dans les meilleurs délais ». Ce saut technologique place le Niger sur la rampe de lancement de l’économie numérique, où l’identité sécurisée est la monnaie d’échange de demain.
Ismail Abdoulaye Naoumani
